ACTUALITÉS — CRÉATIVITÉ
Jusqu’en 2024, novembre était le mois du NaNowrimo. Le Nano a disparu, mais d’autres défis sont nés.
Novembre reste un bon moment pour se lancer à écrire tous les jours grâce à ces défis, car cela reste un excellent moyen de doper votre motivation.

L’association internationale NaNoWriMo (National Novel Writing Month), née en 1999 aux États-Unis, rassemblait une soixantaine de pays et comptait 400 000 participants en 2022. En 2025, elle a disparu, faute de financement. Cette année, plusieurs initiatives sont apparues. Avant de vous les présenter, voici comment fonctionnait le NaNoWriMo et ce que ce type de défi peut vous apporter.
Écrire 50 000 mots en un mois
Le principe était simple : parvenir à écrire 50 000 mots en un mois. C’était stupide, gratuit, sans rien de très concret à gagner, et personne ne vérifiait. Uniquement un engagement avec soi-même. Au début du défi, chaque participant rédigeait une lettre de déclaration qui l’engageait.
Sur son site, l’association organisait même des battles entre pays pour motiver les participants. En novembre 2016, la France affrontait la Finlande : pendant deux heures, chacun écrivait à fond, puis communiquait son nombre de mots. La France l’a emporté. D’autres soirs, il fallait intégrer une situation, un mot ou une couleur.
Dans cette communauté, il existait deux genres de nanoteurs : ceux qui se jetaient dans le vide (les Pantsers), et ceux qui avaient déjà un plan (les Plotters), quelques personnages, une intrigue, un univers.
Les plus grands réussites du NaNoWrimo sont les histoires de gens ordinaires qui découvrent que la littérature n’est pas un sport qu’on pratique uniquement en tant que spectateur
Chris Baty, fondateur du NaNoWrimo, 2014
Participer à ce type de défi pas aussi stupide qu’il en a l’air, avait un intérêt majeur : il vous obligeait. Vous entriez dans une compétition avec vous-même et avec les autres participants quand le défi se déroule dans une communauté.
Résultat : vous « banalisiez » des heures de votre emploi du temps pour votre projet, vous écriviez au lieu de passer l’aspirateur, de ranger le linge ou, pire, d’errer sur les réseaux sociaux.
Une heure par jour
C’était la règle du défi : tenir sur la durée. Vous n’aviez pas le choix si vous vouliez réussir : il vous fallait bloquer une heure tous les jours.
Si vous ratiez une journée, ce serait deux heures le lendemain. Vous étiez obligé à la régularité. Le timing et le compteur à atteindre vous empêchaient de revenir en arrière (voir à ce sujet : l’article « Les trois gestes de l’écriture »). Vous avanciez. Vous voyiez votre compteur grimper.
Sur le NaNoWriMo, on collectait même des médailles sur son profil. C’est stupide, mais cela fonctionnait. 50 000 mots en un mois, cela faisait 1 667 mots par jour. Au sein de la communauté, les nanoteurs partageaient leurs conseils : installer un logiciel sur le téléphone et sur l’ordinateur pour avoir son texte tout le temps avec soi. Mais aussi, des conseils techniques : s’arrêter au milieu d’une partie, d’un paragraphe, parfois même d’une phrase, pour reprendre plus facilement le lendemain.
Une heure par jour, le rythme était exigeant, mais faisable, sauf peut-être avec des bébés à la maison. À la fin du mois de novembre, vous aviez un texte informe, trois fois trop long, des pages et des pages qu’il allait falloir jeter, couper, retravailler, mais au moins vous aviez la matière première.
Ce type de défi était fait pour travailler dans l’élan et la vitesse, pour dérouler sans trop réfléchir. C’est le rythme qui vous porte et vous emporte.
L’émulation du collectif était efficace. Cela fonctionnait parce que vous saviez faire partie d’un groupe, qu’en cas de besoin vous pouviez le solliciter, ou simplement échanger sur vos histoires en cours.

Les cousins du NaNoWrimo
Pour remplacer en partie le challenge NanoWrimo, voici trois possibilités, parmi bien d’autres. Contrairement au Nano, ces initiatives ne sont pas désintéressées, mais, peu importe, c’est une occasion de se lancer gratuitement.
Novel November (ProWritingAid) : le défi le plus nanotesque
Novel November est un défi gratuit de 30 jours destiné à aider à écrire le premier jet d’un roman. C’est celui qui ressemble le plus au NaNoWriMo. Il est entièrement en anglais. Il se déroule du 1er au 30 novembre 2026 et vise un manuscrit de 50 000 mots, soit environ 1 667 mots par jour. La préparation commence dès le 1er octobre, avec des ateliers et des ressources. L’inscription exige un compte ProWritingAid gratuit (il existe aussi une version payante). La progression se suit dans le logiciel de son choix ou à la main, avec une saisie manuelle du décompte de mots. Les participants disposent de sprints d’écriture guidés, d’ateliers et d’un accompagnement par des auteurs publiés, ainsi que d’un espace de discussion dédié. Les textes restent la propriété de leur auteur. Le défi s’adresse aussi bien aux débutants qu’aux auteurs expérimentés en quête de régularité.
NaNoWriCo (WriteControl) : uniquement des statistiques
NaNoWriCo est proposé par WriteControl, une plateforme française d’accompagnement à l’écriture. Les participants y suivent automatiquement leurs statistiques d’écriture. Une version gratuite de WriteControl existe, avec les fonctions de base pour s’organiser et écrire un roman. Pour valider votre participation, vous devrez publier sur Instagram une capture d’écran de l’objectif mensuel de 50 000 mots atteint et du graphique de progression. Le post doit être public et taguer @writecontrol avant le 30 novembre à 23 h 59. Le défi ne semble pas s’appuyer sur une communauté.
Le Mois de l’Écriture (Kobo) : seulement 125 mots par jour
Le Mois de l’Écriture est un challenge d’écriture organisé du 1er au 21 novembre par la plateforme d’autoédition Kobo. Chaque jour, vous écrivez 250 à 750 signes, soit environ 40 à 125 mots : on est bien loin des 1 667 mots quotidiens. Un mot vous est imposé chaque jour comme contrainte. Vous publiez votre texte en commentaire sur Facebook ou Instagram.
Envie de vous lancer ?
Vous avez envie de vous lancer dans l’aventure sur l’une de ces plateformes ? Faites-nous signe, envoyez-nous un mail ou un commentaire : nous pourrions organiser des soirées défi, pourquoi pas ? La Fabule est là pour ça aussi ! Et pour écrire en groupe, vous pouvez nous rejoindre l’association et rejoindre les ateliers.

