CRÉATIVITÉ — ASTUCES


Comment écrivez-vous ? Stylo, ordinateur. Pourquoi écrivez-vous ? Voilà des questions que l’on partage souvent entre auteurs. On interroge moins souvent le geste.

Car c’est vrai après tout : qu’est ce que contient l’action d’écrire ? On prend un stylo, une surface, et on dépose des idées, des mots, des phrases. Ou quelque chose comme çà. D’accord pour une liste de courses, un mot à la voisine. Mais un texte ? 

Faire plusieurs choses en même temps ?

Quand il s’agit d’écrire un article ou un texte, le geste d’écrire en réalité contient de trois actions cognitives différentes. Chercher, écrire et corriger. Notre erreur la plus courante (je la fais aussi de temps en temps jusqu’au moment ou je réalise que je piétine) : réaliser les trois actions en même temps : rassembler les infos, écrire et réécrire. 

Faire ces trois activités simultanément, embrouillent votre cerveau

 

On écrit, on collecte et on corrige au fur et à mesure. En avant, en arrière, des pas de côté. L’écriture s’interrompt. Faire ces trois activités simultanément, embrouillent votre cerveau, puisqu’il va constamment passer d’une action à une autre. Autre inconvénient : vous allez peut-être ressentir des doutes et du découragement. Cela n’avance pas. Alors que si vous décomposez « physiquement » ces trois activités en trois temps, les choses seront plus efficaces. 

J’ai appris cette méthode il y a bien longtemps sur les bancs de l’université, elle était enseignée aux étudiants journalistes comme moi, qui, pressés par les délais de bouclage pour rendre leur papier, devions apprendre à nous organiser. Je sais : c’était un temps lointain ou l’intelligence artificielle et internet n’existaient pas. Sauf que le geste d’écrire lui n’a pas changé. Du moins dans les compétences cognitives qu’il nécessite.


Chercher, collecter les infos

Premier étape. Vous allez chercher les informations sur lesquelles vous allez écrire. Vous faites des recherches, collectez des informations. Dans cette étape, votre cerveau mémorise, classe, hiérarchise les infos. Vous pouvez aussi échafauder un début de plan, ou un plan entier. Vous avez le tour de la question, des informations ? Fin de la première étape. À ce stade, vous n’avez rien écrit. Juste peut être juste de bouts de phrases, une idée, pas plus.

Sortez ! À ce moment précis, levez-vous de votre chaise, sortez de la pièce, allez faire un tour, prenez un café, videz la machine à laver… Faites n’importe quoi, mais faites autre chose, bougez au moins quelques minutes. 

Écrire

Relisez vos notes avant d’écrire et refermez-les. Dans cette deuxième étape, vous créez, vous racontez, une tâche cognitive bien différente. Le cerveau est focus sur cette tâche. C’est l’écriture de premier jet, vous alignez les phrases, les idées, sans jamais revenir en arrière, évitez de lever le nez sur vos notes (faites confiance à votre mémoire). C’est une session continue, un flux. Surtout, ne revenez pas en arrière pour corriger.

Vous avez fini d’écrire ? Super ! Fermez le document, rangez-le. Sortez de la pièce une seconde fois. Allez vous promener, allez au cinéma. Changez d’activité. Laissez reposer votre texte. 10 minutes minimum pour un texte court de quelques lignes, au moins 5 semaines pour un projet plus long.

Réécrire

3e étape : vous relisez votre premier jet. Là vous êtes passé en mode analyse, vérification, objectivation. Une activité bien différente qui ne fait pas appel aux mêmes fonctions cognitives. Vous tentez de prendre du recul, vous lisez à voix haute… La 3e étape peut être longue, mais ce n’est pas celle du premier jet.

Signifier à votre cerveau que vous faites trois choses distinctes.

Le secret de cette méthode : signifier à votre cerveau que vous faites trois choses distinctes.

En changeant de position entre ces trois étapes, en faisant le tour du pâté de maisons, même sur un temps court, le changement physique envoie un signal cognitif : vous avez changé d’activité. Cela fonctionne très bien sur des temps de quelques minutes, et plusieurs fois par jour. Il suffit juste d’aller prendre un café et de revenir à votre bureau.

Dans le cas de l’écriture créative, comme pour l’écriture journalistique. Essayez-là, même si vous n’êtes pas pressé. C’est peut-être un moyen de ne plus tournicoter sur la page ?

PS : je ne connais pas l’auteur ni la source de cette astuce, c’est pourquoi je ne peux pas le ou la citer.

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